NON, une baleine ne s’est pas échouée ni à Rennes, ni à Paris, ni à Savines-le-lac.

RENNES 2016

 

PARIS 2017

SAVINES-LE-LAC-2018

1-STATUT FAUX

Depuis vendredi matin, un cétacé factice (mais plus vrai que nature) a pris ses quartiers sur le quai Saint-Cyr, devant la Mabilais. Une installation artistique originale dans le cadre du festival Les Tombées de la nuit.

Depuis vendredi matin, les promeneurs du quai Saint-Cyr ont la surprise de tomber nez à nez avec une fausse baleine échouée. Plus précisément un cachalot.

Cette statue hyperréaliste (jusqu’à l’odeur), de 1,5 t, est une performance artistique du collectif belge Captain Boomer Collective, Whale dans le cadre du festival Les Tombées de la nuit.

L’installation, amenée en camion, restera en place jusqu’à dimanche. Elle a auparavant voyagé à Londres ou encore à Valence en Espagne.

Tout au long de la journée, les Tombées de la nuit évoqueront l’événement sur les réseaux sociaux autour des hashtags #baleineàrennes et #vendredicestpoisson. Une manière pour le festival rennais de continuer à explorer le lien entre les habitants et leur territoire.

Paris Quais de Seine, 21 juillet 2017

Quai de la Tournelle, dans le Vème arrondissement. Le cachalot serait remonté par l’estuaire et se serait bloqué sous un pont. Les pompiers l’auraient sorti avec une grue. L’oeuvre d’art y restera 3 jours et les faux experts expliquent qu’elle sera découpée en morceaux pour être analysée et évacuée.

Savines-le-lac, 8 juin 2018.


Un pécheur tombe nez à nez avec le cachalot échoué. Les journaux locaux annoncent l’arrivée des experts de Marseille, l’hélicoptère tourne au dessus de la zone, les badauds et journalistes se pressent. Les « experts » jouent le jeu à fond : ils arrosent la carcasse régulièrement, une odeur fétide de poisson mort est diffusée et ils expliquent qu’ils vont devoir la débiter pour l’évacuer. C’est la journée mondiale de l’océan, c’est idéal pour ce genre d’action.


A chaque fois, le scénario est le même : des acteurs déguisés en scientifiques, avec combinaison et matériel, inspectent le cachalot sous toutes les coutures. Aux quidams sceptiques, ils vont même jusqu’à parler de risque d’explosion de la carcasse…

« C’est une manière d’explorer la frontière entre l’imaginaire et la réalité, explique Bart Van Peel, de Captain Boomer Collective. Voir un tel prédateur s’échouer à nos pieds, çela suscite des questions. Nous sommes heureux de pouvoir le faire en France, pays du théâtre de rue. »

Pour susciter l’émerveillement du public, l’illusion devait être parfaite. Même des médias locaux ont alimenté le buzz en publiant de faux articles sur un ton décalé pour entretenir la magie.

Démarche artistique et écologique

La démarche fonctionne. Les badauds dégainent leurs smartphones, médusés. « Truc de ouf », murmure un petit garçon. « C’est trop triste… », commente un autre passant. D’autres doutent : « C’est pour sensibiliser au réchauffement climatique ? »

Whale se veut une expérience immersive qui interroge le public sur son lien avec la nature et l’impact de l’Homme sur l’écosystème.

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Sources : Ouest-FranceCaptain Boomer CollectiveLes tombées de la nuitDétours canalAlpes 1