Petite mise au point sur la très controversée huile de palme.

Nous avions déjà fait plusieurs articles sur des marques utilisant l’huile de palme, et notamment Nutella.
Tout comme Nutella, d’autres marques connues, comme PepsiCo et Nestlé, sont mises en cause.

Inutile de vous dire qu’on a pas fini de parler de cette huile « devenue célèbre ».


Qu’en est-il de la déforestation, à l’origine de la disparition de plusieurs espèces animales dans certains pays, et des différents produits contenant cette huile, accusés d’en être la cause ?

Une étude de l’antenne allemande du fonds mondial sauvage pour la nature (WWF) indique que remplacer l’huile de palme par une autre huile végétale n’est PAS une solution. La raison : les autres cultures ont besoin d’autant, voire de plus de surface cultivable que celle des palmiers à huile, ce qui déplacerait et même aggraverait le problème. Cela est particulièrement vrai pour le changement par de l’huile de noix de coco ou de l’ huile de soja : d’avantage d’hectares nécessaires, d’avantage d’émissions de gaz à effet de serre et extension de la menace pour les espèces animales et végétales au monde entier.

Par exemple, un hectare planté avec des palmiers à huile rapporte 3,3 tonnes, alors que sur la même surface, on cultive 0,7 tonne d’huile de coco, et 0,4 tonne d’huile de soja.

Pour l’ONG, l’utilisation d’huile de tournesol produite en Europe, pour le biodiesel par exemple, serait déjà moins problématique au niveau de l’environnement – mais renchérirait les coûts de production.

Les énormes impacts négatifs de la culture du palmier à huile sur l’Homme et la nature montrent le besoin urgent de changement écologique, économique et social. Non seulement la culture de l’huile de palme doit changer, mais notre comportement des consommateurs aussi. Le WWF conseille tout d’abord de privilégier l’achat d’huile de palme certifiée RSPO, qui garantit que l’huile est « durable » et que l’impact de la culture sur l’environnement est minime. De plus, l’ONG conseille une consommation plus raisonnable des produits tels que le chocolat, les confiseries, les plats cuisinés et encore la viande. D’autant plus que ce ne serait pas seulement bon pour l’environnement, mais aussi pour notre santé.
Mais il faut savoir aussi que les acheteurs européens ont peu d’influence sur le cours de l’huile de palme : les plus gros consommateurs se trouvent surtout en Asie du Sud-Est.
Il y a quoi sous le label « durable » ?

Le certificat GreenPalm mis en place par la RSPO (Table ronde sur l’huile de palme durable) en 2004 sous la houlette du WWF, avec des producteurs et des industriels, garantit surtout le soutien des fabricants à la préservation des forêts. Mais il n’assure pas que les produits contiennent de l’huile de palme produite durablement et sans pesticides. Pour cela, il faut étudier les chartes propres à chaque entreprise (quand il y en a une). A titre d’exemple, Greenpeace a qualifié Ferrero (producteur de Nutella) de « bon élève » puisqu’il connait la traçabilité de son huile de palme et évite les palmeraies plantées sur des zones forestières.

L’huile de palme : seule coupable ?
  • L’ONG WWF alerte sur une nouvelle dégradation de l’état de la forêt amazonienne, dans un rapport intitulé Living Amazon Report 2016 publié le 13 juin 2016. L’ONG explique que ce sont la recherche de profits et les pressions économiques qui accélèrent la déforestation de l’Amazonie. Celle-ci a en effet augmenté de 16 % entre 2014 et 2015, d’après le ministère brésilien de l’environnement. Ainsi, en un an, 5 831 km² de forêt ont disparu.

Le WWF a identifié 31 « fronts de déforestation » en Amazonie qui mettent en péril l’intégrité de la forêt. Parmi eux, l’agriculture et l’élevage de bétail constitue la première source de déforestation. L’État très agricole du Mato Grosso au Brésil subit d’ailleurs l’une des plus grosses pertes : 1 500 km² de jungle ont été supprimées dans cet État en 2015, contre 1 000 km² en 2014. Le phénomène est d’autant plus difficile à contrôler que 60 % de la déforestation se déroule sur des terrains privés ou occupés illégalement.

  • L’un des dangers qui menace la forêt amazonienne est également la construction de barrages. D’après le WWF, plus de 250 projets de construction de barrages pourraient mettre une partie de la surface de l’Amazonie sous l’eau, et menacent les écosystèmes d’eau douce.
  • L’ONG Greenpeace alerte également le public sur ce danger avec une campagne lancée le 15 juin 2017 : elle invite à signer un manifeste contre la construction d’un barrage-monstre de 7,6 km de long. Le barrage, situé sur la rivière Tapajos, un affluent de l’Amazone, inonderait une zone de forêt grande comme New York et menacerait le mode de vie des indiens Mundukurus.

Concernant le parc National de Leuser, un article très complet de Géo explique la complexité du problème et les différents facteurs mis en cause.


Conclusion :

Effectivement, la déforestation est principalement due à l’activité humaine, mais pas uniquement agricole. Les infrastructures, les constructions et même les pâturages ont fait reculer les forêts depuis des siècles. On notera que les phénomènes naturels ont également un impact (incendies, éruption, tempêtes, maladies …).

En Europe les forêts sont gérées pas des organismes d’état (comme l’ONF en France) qui se charge de la gestion des forêts (comme la coupe et le replantage des espèces). Accuser une marque en particulier, c’est nier les autres problèmes et regarder par le petit bout de la lorgnette. Bien évidemment, il faut protéger les forêts de la déforestation, mais on voit trop souvent un « méchant » pointé du doigt sur Internet alors que la réalité est un peu plus complexe …

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Sources : Hoax-Nethuffingtonpost.frWWF (antenne allemande)AVANTAGE – consoglobe.comGéo

Autres sources : WWF (Rapport sur l’huile de palme)