Non, ces images sur la Shoah ne sont pas réelles. Elles sont générées par l’IA. (partie 2)

Nous avions déjà fait un article au sujet des « photos » générées par Intelligence Artificielle (IA) publiées sur les réseaux sociaux et concernant la Shoah (ICI et ci-dessous) :

Cependant depuis deux autres photos ont été publiées :

La première concernerait le camp d’extermination de Fossenbürg

Le camp de concentration de Flossenbürg (Konzentrationslager Flossenbürg) est un camp de concentration nazi construit en 1938 près du village de Flossenbürg, en Bavière. Plus de cent mille prisonniers y transitent, dont trente mille qui y trouvent la mort.

Début , une centaine de détenus du camp de Dachau est acheminée à Flossenbürg pour commencer l’édification d’un camp de concentration sur un emplacement choisi par les autorités de la SS pour les gisements de granit se trouvant à proximité. Le camp est situé à 800 m d’altitude au cœur d’une forêt, dans l’Oberpfalz (Haut-Palatinat bavarois), loin de toute grande ville. Le premier occupant est un prisonnier allemand immatriculé 1, le . Sa destruction aura lieu en avril 1945.

La « photo » accompagnant la publication sur les réseaux sociaux a été générée par Intelligence artificielle avec ses multiples défauts :

  • On peut par exemple le voir d’un simple coup d’œil montrant des prisonniers sans tête et des soldats allemands clonés.

et la confirmation à 99, 9% par le détecteur d’IA « hivemoderation.com » :

La deuxième « photo » concernerait le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau

Auschwitz : Konzentrationslager Auschwitz « camp de concentration d’Auschwitz » est le plus grand complexe concentrationnaire du Troisième Reich, et c’est à la fois un camp de concentration, un centre de mise à mort et un camp d’extermination par le travail.

Le camp de concentration est créé le  à l’initiative de Heinrich Himmler et est dirigé par les SS. Le centre d’extermination est construit à partir de la fin de 1941 et le second camp de concentration, destiné au travail forcé et construit par la société IG Farben est créé au printemps 1942. Ces camps sont libérés par l’Armée rouge le .

En cinq ans, plus de 1 100 000 hommes, femmes et enfants meurent à Auschwitz, essentiellement à partir de 1942 dans le cadre de ce que les nazis appelèrent la « Solution finale de la question juive ». Parmi ces victimes, 900 000 sont tuées le jour même de leur débarquement des trains qui les ont amenées, assassinées dans les chambres à gaz et incinérées dans les fours crématoires.

La « photo » du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau accompagnant la publication sur les réseaux sociaux a été générée par Intelligence artificielle

La confirmation à 99, 9% par le détecteur d’IA « hivemoderation.com » :

Quand l’Histoire se transforme en fiction

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Article original: Stefan Reinhart (SRF)

Adaptation française: Julien Furrer (RTS)

Parfois, il s’avère difficile pour le public de distinguer les images truquées des originales, l’intelligence artificielle s’améliorant jour après jour. Alors que l’Histoire se transforme en fiction, les institutions mémorielles d’Allemagne, ainsi que de nombreuses autres organisations, tirent la sonnette d’alarme.

« Les contenus générés par l’IA déforment l’Histoire en la banalisant et en la sentimentalisant », écrivent ces organisations dans une lettre ouverte :

« Elles modifient les habitudes de consultation des utilisateurs, qui remettent de plus en plus en question même les documents historiques authentiques. Chaque publication de ce type dévalorise le travail de mémoire et d’archive, ainsi que les institutions de recherche, compromettant leur crédibilité ».

Des clics, donc de l’argent

Mais qui a intérêt à falsifier des documents historiques?

D’une part, il s’agit d’argent, écrivent ces organisations:

« Ces fermes à contenus exploitent l’impact émotionnel de l’Holocauste pour obtenir une audience maximale avec un minimum d’efforts. Un modèle économique basé sur les clics et les revenus publicitaires. »

D’un autre côté, les négationnistes du génocide commis par les nazis ont également intérêt à utiliser ces faux documents

« pour diluer les faits historiques, inverser les rôles de victime et de bourreau, ou diffuser des récits révisionnistes. Les algorithmes des plateformes privilégient les contenus à forte charge émotionnelle, indépendamment de leur véracité. »

Les réseaux sociaux et leurs problèmes avec l’IA

Contrairement à X, Facebook et TikTok répondent aux demandes de suppression des contenus truqués générés par IA. Cependant, Facebook déclare qu’il est actuellement techniquement impossible d’identifier la totalité des contenus générés par IA. L’entreprise collabore avec d’autres acteurs du secteur à l’élaboration de normes uniformes pour la reconnaissance de ces contenus.

  • De nombreux descendants et descendantes des victimes l’espèrent également, tout comme des lieux de mémoire tels que le musée et mémorial d’Etat d’Auschwitz-Birkenau en Pologne. Sur la plateforme X, le musée écrit à propos de ces falsifications:

« Il s’agit d’un grave manque de respect envers la mémoire de celles et ceux qui ont souffert et ont été assassinés à Auschwitz. Cela porte atteinte à l’intégrité de la vérité historique. »

Et ceux qui ne parviennent plus à distinguer le vrai du faux finissent par ne plus croire aux documents historiques authentifiés.

Enfin pour terminer, il ne faut pas mettre l’IA seule au banc des accusés, car il y a derrière ces publications générées par Intelligence Artificielle des humains. Le problème provient rarement de l’outil, mais de ce que l’homme en fait.

wikipedia.org/Flossenbürg – wikipedia.org/Auschwitz – rts.ch –