Attention aux affirmations de l’agricultrice Kyria Gay, elles ne sont pas toutes correctes.

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Une publication sur des faits dont les « grands médias » ne parlent soi-disant pas, fait le buzz  sur les réseaux sociaux, et des sites web.
La publication dit ceci :

🔴 LES GRANDS MÉDIAS N’EN PARLENT PAS. ON LUI A TOUT PRIS. ELLE A TOUT RÉCUPÉRÉ EN 24 HEURES. Kyria Gay Marietti (La Table de Gaya), l’éleveuse et restauratrice ariégeoise qui ose tenir tête à l’État, vient de vivre quelque chose d’inédit. Après avoir co-signé une plainte historique devant la Cour de Justice de la République contre les ministres Genevard et Nunez pour l’abattage forcé de 290 bovins son compte en banque a été vidé. Mis à zéro. Elle ne pouvait plus payer ses employés. Lisez ça. Une femme qui se bat pour ses bêtes, pour ses terres, pour ses droits qui se retrouve incapable de verser les salaires de ceux qui travaillent avec elle. Parce que quelqu’un, quelque part, a décidé qu’elle était devenue trop gênante. Et ce n’est pas tout. Sa cagnotte de soutien a été fermée. Supprimée. Pour l’empêcher de recevoir de l’aide. Alors elle a fait ce que font les gens debout : elle a contourné. Elle a ouvert une nouvelle cagnotte sur un site américain — hors d’atteinte de ceux qui voulaient la faire taire. Et la France a répondu. Près de 140 000 euros récoltés en moins de 24 heures. Cent quarante mille euros. En une seule journée. Par des milliers de gens ordinaires qui en ont assez de voir des paysans traités comme des ennemis dans leur propre pays. Ce n’est pas juste de l’argent. C’est un message politique, humain, viscéral : On ne lâche pas nos agriculteurs. On ne se laisse pas étouffer. La solidarité, c’est notre dernière liberté. Kyria, on est avec toi. 🌾

♻️ Partagez. Le silence profite toujours aux mêmes.

Le visuel est sa photo :

Cependant les faits sont manipulés :

Selon le site « cestvraica.com/debunk » :

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  • La plainte existe, mais pas portée par Kyria Gay. Elle n’est que co-plaignante parmi cinq autres personnes.
  • Les 290 bovins ne sont pas les siens, ce sont ceux de l’EARL Lhomme et du GAEC Mouriscou, abattus pour dermatose nodulaire contagieuse.
  • Le compte vidé vient, selon ses propres dires sur TikTok, d’une saisie-attribution URSSAF sur un litige d’affiliation MSA de cinq ans. Procédure par commissaire de justice, et non pas un gel politique. Les préfets n’ont pas ce pouvoir.
  • La cagnotte Leetchi a été fermée, mais aucun communiqué ni preuve n’établit une intervention étatique. « quelqu’un, quelque part » n’est étayée par rien. Les 140 000 € en 24h sont vrais, (aujourd’hui > à 208 000) sur une plateforme américaine.
  • « Grands médias silencieux » : à nuancer. France 3 Occitanie l’a portraiturée deux fois, en 2024 et 2025. Franceinfo l’a fact checkée en décembre 2025, pour démentir sa désinformation sur les « 70 vétérinaires radiés pour refus d’abattage » (ci-dessous) .
  • Elle est par ailleurs relayée par Dieudonné (interview commune Le Tocsin le 26/03/26). Le post occulte soigneusement tout cet écosystème.

Par ailleurs en 2025, Kyria Gay avait déjà affirmé sur les réseaux sociaux que « 70 vétérinaires » avaient été radiés de l’ordre pour s’être soustraits à cette obligation d’abattage. Cependant, il n’en était rien.

Selon « franceinfo.fr » :

« Il y a 70 vétérinaires qui ont refusé de faire l’abattage et donc, du coup, ils ont été radiés de l’ordre des vétérinaires », a affirmé, samedi 13 décembre, dans une vidéo sur Instagram, une agricultrice et restauratrice, Kyria Gay, installée dans le département. »Cela veut dire que même les scientifiques sont avec nous ! », s’enthousiasmait même la trentenaire, rencontrée en mai par France 3 Occitanie(Nouvelle fenêtre)

Des extraits de la vidéo ont été repris sur plusieurs comptes influents sur X, cumulant des centaines de milliers de vues.

Des personnalités, comme l’ancien député et candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan, ont aussi relayé d’autres vidéos de la restauratrice, contribuant à sa visibilité.

Mais dit-elle vrai au sujet des 70 vétérinaires radiés ?

Ni radiation, ni sanction

Ses allégations ont été fermement démenties par le représentant de l’Etat dans le département de l’Ariège, dimanche.

« Le préfet de l’Ariège dément les rumeurs qui affirment que 70 vétérinaires auraient refusé de participer aux opérations de dépeuplement et auraient été radiés de l’ordre des vétérinaires, a-t-il écrit sur Facebook.

Les vétérinaires exercent leurs fonctions en toute liberté de conscience.

Aucun vétérinaire n’a été réquisitionné pour contribuer aux opérations de dépeuplement menées au Gaec de Mouriscou.

Aucune radiation n’a été prononcée par l’ordre des vétérinaires », ajoute le communiqué.

Le Conseil national de l’ordre des vétérinaires (Cnov) le confirme également à franceinfo. « Il s’agit d’une fausse information », balaie l’instance.

« Aucun vétérinaire engagé sur le chantier de dépeuplement en Ariège n’a été radié par l’ordre, ni ne fait l’objet de procédure disciplinaire. »

La restauratrice a ensuite revu ses propos, auprès de La Dépêche du Midi.

« J’ai réagi un peu trop vite sous le coup de l’émotion », a-t-elle déclaré au quotidien régional. Mais elle maintient que des sanctions ont été prises. « Ils ont été menacés de radiation et ont vu leur agrément sanitaire annulé. C’est un vétérinaire qui m’a contactée pour me le dire. Donc, il y a bien eu une sanction », a-t-elle argué.

Pas de retrait d’habilitation ou de mandatement

Là encore, la préfecture de l’Ariège dément cette affirmation auprès de franceinfo. Elle précise que le département habilite et mandate les vétérinaires

« pour intervenir pour le compte de l’Etat pour tous les actes liés à la police sanitaire » 

et assure qu’aucun vétérinaire :

n’a fait l’objet d’un retrait d’habilitation ou de mandatement. Les vétérinaires exercent leurs fonctions en toute liberté de conscience. »

En 2025, les vétérinaires étaient la cible de menaces de la part des opposants au protocole actuellement déployé pour endiguer la DNC.

« On a vécu des crises sanitaires, mais il est vrai qu’un tel déchaînement de haine, c’est du jamais vu », témoigne auprès de franceinfo Matthieu Mourou, vice-président du Cnov

Sur le terrain, les vétérinaires concernés par la lutte contre la DNC se retrouvent dans une position inconfortable face à des agriculteurs qu’ils connaissent et qu’ils accompagnent habituellement.

« Il ne faut pas oublier qu’on est au quotidien aux côtés des éleveurs, ce sont nos partenaires », a déclaré à France Télévisions David Quint, président du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral. « Cela n’amuse aucun vétérinaire de procéder à l’euthanasie de vaches d’un cheptel qu’il suit tout au long de l’année. »

Dans cette affaire, il y a du VRAI

et

SURTOUT du FAUX .

Ce qui rend cette publication non crédible.

Cependant, manipuler ou déformer des faits, d’autant plus étalés sur plusieurs années, n’est pas la bonne solution pour défendre sa cause, même si on peut comprendre les difficultés des agriculteurs.

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