Les accusations d’incendies volontaires pour installer des parcs de panneaux photovoltaïques sont FAUSSES.

Désignation intégrale :

Cet influenceur français accuse les grands groupes énergétiques d’être derrière les feux de forêt en France. D1ST1 affirme que ces incendies ne seraient pas des accidents, mais des actes intentionnels au profit d’intérêts privés. Sa vidéo a fait plus de 2,8 millions de vues en un temps record, provoquant une vague de réactions sur les réseaux sociaux.
Le point le plus grave qu’il avance en premier : à l’endroit exact où les grands incendies ont eu lieu, il affirme qu’un grand groupe avait un projet précis. Ce projet ? Défricher le terrain pour y installer des panneaux photovoltaïques et produire de l’électricité, revendue ensuite aux habitants. Sa conclusion est brutale : selon lui, le feu ne serait pas un accident, mais un acte intentionnel, au service des intérêts de ce grand groupe.
Deuxième point, presque aussi important : il rappelle que ce sont vos proches, « vos pères, vos frères, » qui interviennent comme pompiers pour éteindre ces feux. Et qui finance ces interventions ? Vous, dit-il, à travers vos impôts.
Troisième point, la boucle du système qu’il dénonce : cet argent public, selon lui, sert indirectement à financer les infrastructures énergétiques construites après les incendies, donc les panneaux photovoltaïques. Résultat, une fois l’électricité produite, c’est encore vous qui allez la payer en tant que consommateurs.
Sa phrase choc pour résumer tout le mécanisme : la nature est détruite avec votre argent, pour financer une installation qui vous revendra ensuite de l’électricité, financée elle-même en brûlant vos terres, avec vos impôts.
Il termine sur un ton sec et définitif : « Est-ce que je dois rajouter quelque chose ? Non, je pense pas. » Une manière de laisser le public seul face à cette accusation, sans nuance ni contradiction.

Cette publication virale sur les réseaux sociaux nous a été transmise sur notre messagerie Facebook en nous demandant une vérification des faits.

Elle affirme que certains incendies volontaires en France seraient intentionnels afin de défricher des terrains pour y implanter des parcs de panneaux photovoltaïques dont l’électricité qu’ils produiraient serait revendue aux citoyens.

Pour répondre à cette fausse affirmation, nous nous référons à un article publié par l’afp.com dont nous vous conseillons de lire l’intégralité (ICI) et dont nous reprendrons un extrait ci-dessous :

Les accusations d’incendies volontaires pour installer des parcs solaires ne s’arrêtent pas à une vidéo filmée aux abords d’Hostens.

« C’est vraiment de la fake news« 

De nombreuses publications et commentaires prétendent que d’autres parcs photovoltaïques ont bénéficié, ou vont bénéficier, des incendies actuels en Gironde. Sur les réseaux sociaux, des internautes affirment que des entreprises impliquées dans le projet Horizeo auraient volontairement provoqué des incendies afin de faciliter l’installation de panneaux photovoltaïques – une rumeur déjà vérifiée en 2022 par nos confrères de 20 Minutes et TF1 (liens archivés ici et ici).

  • Le 11 janvier 2021, Engie et Neoen ont dévoilé, en Gironde, un projet de centrale photovoltaïque (liens archivés iciici et ici). Baptisé Horizeo, ce projet, estimé à 600 millions d’euros, prévoit la construction d’un parc photovoltaïque d’une puissance de 800 mégawatts (MW), l’un des plus vastes d’Europe, sur 680 hectares de forêt au sud de Bordeaux (lien archivé ici et ici).

Depuis sa présentation, le projet fait l’objet d’une vive opposition locale (lien archivé ici). Des syndicats sylvicole et agricole, des chasseurs ainsi que plusieurs associations environnementales craignent une hausse des risques d’incendie et d’inondation, ainsi qu’un accaparement de la forêt (ici).

Pourtant, en comparant la carte du projet Horizeo avec les zones touchées par les incendies récents dans la région, l’AFP a constaté qu’il ne s’agit pas des mêmes secteurs (ici).

L’outil cartographique FIRMS (Fire Information for Resource Management System), lié à la Nasa, aboutit à la même conclusion : l’emprise du projet Horizeo, sur la commune de Saucats, est située à environ 35 km à vol d’oiseau du foyer de l’incendie de juillet 2026, dans la commune de Saumos (ici et ici).

L’implantation du projet Horizeo est aussi distante d’entre 13 et 15 kilomètres des incendies de 2022 ayant touché la commune de Landiras.

Interrogé le 29 juillet 2026 par l’AFP, le délégué général du Syndicat des énergies renouvelables (SER), Alexandre Roesch, a expliqué que l’affirmation selon laquelle les incendies ont pour but l’installation de parcs photovoltaïques, n’a « aucun sens » : « C’est vraiment de la fake news ! » (ici).

En France, les parcelles ont un statut juridique.

On appelle cela une « qualification » ou « destination ».

Selon le Code de l’urbanisme, il existe plusieurs destinations de construction (exploitation agricole et forestière, habitation, commerce et activités de service, etc.) (ici).

« Si on veut construire un parc solaire sur une parcelle forestière, il faut changer sa destination » en sollicitant une autorisation de défrichement auprès du Préfet, explique M. Roesch.

Or, « si une parcelle qui est classée forestière brûle, ça ne change absolument rien à sa qualification de parcelle forestière« .

« La destruction accidentelle ou volontaire du boisement ne fait pas disparaître la destination forestière du terrain » : article L341-1 du code forestier. 

Pour les incendies de juillet 2026, c’est une opération de débroussaillement menée sur un chantier qui aurait déclenché l’incendie de forêt le plus dévastateur dans le pays depuis 1949.

Aujourd’hui, la législation interdit les installations solaires « dans les zones forestières lorsqu’elles nécessitent un défrichement de plus de 25 hectares », explique le ministère de l’Agriculture, rendant peu crédible l’hypothèse du mégafeu en Gironde pour favoriser de grands projets photovoltaïques.

« Les incendies rendent même les choses encore plus compliquées », ajoute M. Roesch. 

Le 28 juillet 2026, le deuxième « méga-décret » de simplification des normes des collectivités locales et de l’action de l’Etat dans les territoires a été publié au Journal officiel.

  • Il prévoit entre autres une facilitation des projets photovoltaïques en relevant le seuil à partir duquel un projet photovoltaïque doit être soumis à une évaluation environnementale systématique et à un permis de construire. Cela devrait permettre une économie annuelle de 465.000 euros pour les entreprises, les collectivités et l’Etat, selon le décret.

Si effectivement des incendies ont été répertoriés comme étant « accidentels » et certains reconnus comme étant des « départs de feu volontaires », il ne s’agit en aucun cas d’actes répréhensibles afin d’implanter des parcs de panneaux photovoltaïques.

afp.comlegifrance.gouv.fr