Non, cette photo ne vient pas d’Iran.

La photo ci-dessus, liée aux manifestations de masse qui ont lieu en Iran depuis décembre dernier contre le régime du pays dirigé par le leader religieux Ayatollah Ali Khamenei, a été largement diffusée sur les réseaux sociaux et sur des sites web ces derniers jours. Elle est souvent accompagnée de l’une des photos ci-dessous :

CETTE PHOTO NE PROVIENT PAS D’IRAN :

Cette photo en particulier ne provient pas d’Iran, comme le prétendent ces publications, mais du Canada.

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Selon le site grec de vérification de fausses nouvelles « ellinikahoaxes.gr » : sur X (ex-twitter), @melianouss a publié la vidéo ci-dessous, dans laquelle on peut voir le moment où la photo a été prise.

Traduction :
Une Irano-Canadienne ayant fui la République islamique, a créé cet acte de défi emblématique pour insuffler de la force aux femmes iraniennes. Des femmes en France, en Angleterre, aux États-Unis et au sein de la diaspora se sont emparées de ce geste et l’ont renvoyé en Iran comme une déclaration de refus contre un régime théocratique qui répond aux cheveux découverts, au tabagisme en public et à l’autodafé d’une effigie d’Ali Khamenei par des cellules de prison, des salles de torture et des tombes.

  • Au début de la vidéo, on entend même le caméraman donner des instructions à la fille, en persan (از اونور signifiant « de là-bas »), sur l’endroit où placer la photo sur son briquet.

Qui est @melianouss la jeune femme qui est sur la photo/vidéo et qui l’a publiée :

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Selon le média portugais « expresso.pt » :

En allumant une cigarette et en mettant le feu à une photo du guide suprême iranien, Melika Barahimi de son vrai nom, une Iranienne de 23 ans, réfugiée au Canada, ne s’attendait pas à devenir virale et à recevoir des menaces de mort.

Extrait d’un entretien avec Melika Barahimi avec Lusa de expresso.pt :

« Je voulais que cela soit partagé parmi mon peuple, car je veux qu’ils sachent que je suis toujours l’une d’entre eux malgré le fait que j’aie été contrainte d’immigrer après que le régime m’ait condamnée à des années de prison pour avoir critiqué [l’ayatollah Ali] Khamenei, mais maintenant je crains qu’ils ne menacent ma famille », déclare Melika dans une interview accordée à Lusa »

  • La vidéo a été filmée dans un parking d’une ville en périphérie de Toronto, où elle vit , malgré des menaces de mort reçues. Comme elle l’a également publiquement dénoncé sur X, la jeune femme a l’intention de garder la photo et la vidéo qu’elle a ensuite publiées, « afin que le monde sache » ce qui se passe et soit solidaire, bien qu’elle regrette que certains pensent que la photo a été prise en Iran.

« Je n’ai jamais prétendu être en Iran. J’ai pris la photo pour montrer que je suis contre ce régime que j’ai fui en mars 2025, car ma vie était en danger. J’ai été condamnée à de nombreuses années de prison, mais j’ai toujours ma famille là-bas », raconte Melika, qui affirme avoir été « arrêtée pour la première fois à l’âge de 17 ans, pendant le sanglant mois de novembre 2019 ».

Les forces du régime m’ont arrêtée avec un « taser » et une matraque.

« J’ai passé une nuit au centre de détention sans que ma famille sache où j’étais ni ce qui m’était arrivé, mais ma mère a découvert où le régime islamique me retenait en otage et s’est arrangée pour que je fasse appel à un avocat qui a organisé ma libération en présentant un bulletin de paie comme caution », explique-t-elle. Après cela, elle a été surveillée par le régime.


Dans le contexte des manifestations contre le régime théocratique iranien, cette photo a acquis un caractère emblématique, mais elle ne provient donc pas d’Iran.

Comme l’explique Tal Hagin, analyste d’information open source (OSINT) et formateur en médias, la photo en question n’a pas été prise en Iran mais à Richmond Hill en Ontario, au Canada.

En prenant comme point de référence le bâtiment qui apparaît derrière la jeune fille dans la vidéo, la bibliothèque municipale d’Oak Ridges qui abrite les bureaux du York District School Board et le Centre d’apprentissage Dr. Bette Stephenson, on localise l’endroit où la photo a été prise : sur un parking (carte) à Richmond Hills, au Canada :

La ville de Richmond Hills abrite une grande communauté de réfugiés iraniens qui, ces dernières années, ont également organisé des manifestations contre les violations des droits de l’homme en Iran.

La photo et l’acte de la jeune fille ont été faits dans le contexte des récentes manifestations contre le régime de Khamenei, mais l’affirmation selon laquelle elle provient d’Iran est trompeuse.

Brûler une photo du guide suprême en Iran est considéré comme un crime grave, et lorsqu’il est commis par des femmes, l’acte prend une dimension supplémentaire, car les femmes qui fument sont stigmatisées.

Le danger n’est pas seulement théorique, ce qui est démontré pour le cas du jeune militant iranien Omid Sarlak. En octobre 2025, il a publié une vidéo de lui-même brûlant un portrait de Khamenei en Iran cette fois.

Quelques heures après son arrestation, le corps sans vie d’Omid Sarlak a été déposé devant son domicile.

  • Bien que la photo en question ainsi que l’acte de la jeune fille soient réels,  ils présentent un caractère emblématique dans le contexte des manifestations contre le régime d’Ali Khamenei en Iran. Mais en réalité, la photo a été prise au Canada dans une ville où vit une communauté de réfugiés iraniens.
  • Si d’autres photos de jeunes femmes brûlant une photo d’Ali Khamenei sont publiées, elles sont des créations par Intelligence Artificielle comme celle ci-dessous :

  • Certains diront que c’est une photo/vidéo utilisée à des fins d’illustration, mais elle induit les lecteurs en  erreur. C’est pour cette raison qu’on peut considérer que les publications sont trompeuses et qu’il s’agit de FAUSSES informations. 

ellinikahoaxes.grx.com/orlipeterRichmond Hill – Google Maps – wikipedia.org