Non, en France, les boulangeries et fleuristes n’ont pas l’interdiction d’ouvrir le 1er mai.

Pubiée sur X mais aussi sur les réseaux sociaux où il a un compte, Gabriel Attal, ex-Premier ministre et président du groupe Ensemble pour la République (ex-Renaissance) à l’Assemblée nationale a affirmé que :

En France, le ,1er-Mai un McDonald’s peut ouvrir mais pas une boulangerie artisanale. Pour mettre fin à cette situation absurde et injuste, je défends avec les députés de mon groupe une proposition de loi pour que nos boulangers et nos fleuristes puissent ouvrir. Pour qu’ils puissent bosser. Tout simplement. Mais face à l’opposition de certains députés, j’ai besoin de votre soutien. Rendez-vous sur signezpetition1ermai.fr !

Gabriel Attal.

la publication comporte un lien menant a une pétition.

Selon factuel.afp.com (en résumé) :

  • La loi interdit effectivement bien aux patrons de boulangeries et fleuristes de faire travailler leurs salariés le 1er-Mai, mais elle ne leur interdit pas d’ouvrir leurs commerces.
  • Cependant, si la loi autorise des exceptions pour des activités ne pouvant « s’interrompre« , elle ne les liste pas précisément, un flou qui laisse la place à diverses interprétations.

Le 1er-Mai est en France le seul jour férié obligatoirement chômé pour tous les salariés, comme le prévoit le Code du travail (liens archivés ici et ici). Une entreprise dont les salariés travailleraient ce jour-là risque une amende de 750 euros par salarié .

Certaines activités peuvent bénéficier de dérogations, lorsqu’en raison de « la nature de leur activité » elles « ne peuvent interrompre le travail » : par exemple les hôpitaux, les industries ne pouvant stopper les équipements de production, etc. Mais la loi ne liste pas précisément les activités concernées.

Ainsi, contrairement à ce qu’affirme Gabriel Attal, l’ouverture des boulangeries et les fleuristes n’est pas « interdite » :

  • si les salariés ne peuvent pas travailler le 1er-Mai,  rien n’empêche le propriétaire d’ouvrir son commerce ce jour-là et de se faire aider par un proche associé ou collaborateur.

Quant au secteur de la restauration rapide, auquel la boulangerie est comparée dans la vidéo de Gabriel Attal, elle doit en théorie répondre aux mêmes dispositions du Code du travail, mais là encore, les établissements se fondent, pour ouvrir le 1er-Mai sur divers éléments, notamment une réponse écrite du Ministère du Travail à l’Assemblée nationale le 2 août 2016, a rappelé le Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide (Snarr) à l’AFP le 9 avril.

  • Le ministère avait alors considéré que « les établissements de restauration de toute nature (restauration sur place et à emporter, restauration rapide, etc.), du fait de la nature de leur activité, participent à la continuité de la vie sociale en concourant à la satisfaction d’un besoin essentiel du public » et entraient donc à ce titre « dans le champ de la dérogation au chômage du 1er-Mai tel que défini par l’article L.3133-6 du Code du travail ».
  • Le secteur de la restauration rapide cite aussi un arrêt de la chambre criminelle de la Cour de Cassation du 12 avril 2016 qui avait notamment relevé que l’utilisation de « matières susceptibles d’altération très rapide » pouvait faire entrer un restaurant dans la catégorie des activités ne pouvant pas s’interrompre le 1er-Mai.

CEPENDANT TOUT EVOLUE ET DANS LE BON SENS :

Selon liberation.fr mais aussi d’autres médias français:

À l’issue d’une réunion à Matignon avec les représentants des boulangers et des fleuristes vendredi 17 avril 2026, le Premier ministre a annoncé que les indépendants et artisans volontaires seront autorisés à travailler dès ce 1er-Mai.

Le dossier de la fête des travailleurs n’est finalement pas totalement enterré. « Une solution a été trouvée, les boulangers et fleuristes indépendants artisans pourront ouvrir ce 1er-Mai », a déclaré le Premier ministre à l’issue d’un rendez-vous avec les représentants de ces secteurs dans la cour de l’hôtel de Matignon vendredi 17 avril 2026.

La loi ne pouvant pas être modifiée en deux semaines, il a précisé qu’« une instruction sera donnée à l’ensemble des services de l’État ».

Concrètement, dès ce 1er-Mai les boulangers et fleuristes pourront faire tourner leurs boutiques à condition que leurs salariés soient volontaires pour travailler ce jour-là et payés double.

«Aucune instruction ne sera donnée à l’inspection du travail qui est un corps de contrôle dont l’indépendance est garantie, souligne le ministère du Travail. Le gouvernement prendra néanmoins des mesures administratives exceptionnelles en 2026 […] Ainsi les artisans boulangers et fleuristes artisanaux pourront faire travailler leurs salariés volontaires sans craindre les conséquences d’une amende.» Pour l’année prochaine, le gouvernement promet un projet de loi qui sera présenté pour «cadrer» le travail lors de ce jour traditionnellement chômé.

  • Lors de la publication de Gabriel Attal, (président du groupe Ensemble pour la République) (ex-Renaissance), l’affirmation énoncée était FAUSSE puisque les boulangers et fleuristes étaient déjà bel et bien autorisés à ouvrir leur commerce mais sans salariés le 1er-Mai.
    • Cependant, tout évolue très vite comme on a pu le lire ci-dessus, puisque si la loi n’a pas encore été modifiée (vu le court délai) les boulangers et fleuristes pourront ouvrir leur commerce comme tous les 1er-Mai mais peuvent aussi faire travailler leurs salariés, les seules conditions étant qu’ils soient volontaires et payés double.

Article intégral sur liberation.fr

factuel.afp.comliberation.fr