Non, Le japon n’a pas interdit aux musulmans ce qu’affirme ce visuel publié sur les réseaux sociaux.

Un texte partagé sur les réseaux sociaux depuis fin avril 2023 (ci-dessous) :

revient en force en 2026 sous la forme d’un visuel plus simpliste mais tout aussi éloquent ( et toujours aussi FAUX ) dans les fils d’actualité de divers internautes.

Il soutient que :

« le Japon « impose des restrictions strictes à l’islam et aux musulmans ». Ce visuel aux relents islamophobes détaille, à travers une quinzaine d’affirmations, la prétendue sévérité du pays à l’égard des pratiquants de cette religion, en affirmant notamment qu’ils n’y ont « pas droit à la citoyenneté » ni à la « résidence permanente », que « l’arabe et l’islam » ne sont pas enseignés dans les universités ou encore qu’on ne trouve pas de nourriture halal sur l’archipel. »

Déjà démenti par nos soins en 2018 sur ce site :


et ensuite en 2023 par les médias de fact checking (vérification des nouvelles) factuel.afp.com, journalmetro.com et 20minutes.fr , cette fausse affirmation est toujours d’actualité sous une autre forme en 2026. C’est pourquoi nous refaisons un nouvel article avec un peu plus de détail sur ce qu’il en est sur les musulmans au Japon, ceci en guise de mise à jour de notre article de 2018. Pour cela, nous nous sommes basés sur le média français 20minutes.fr.

La publication en question ne date pas d’hier. Depuis plusieurs années (2017), elle est diffusée sur de nombreux sites Internet et comptes sur les réseaux sociaux. Mais la quinzaine d’affirmations ne repose en réalité sur pas grand-chose. En voici quelques-unes vérifiées :

« Le Japon impose des restrictions strictes à l’islam et aux musulmans »

D’après un rapport publié en 2008 sur la liberté religieuse à l’international, le nombre de musulmans au Japon était estimé entre 115.000 et 125.000, soit environ 0,10 % de la population japonaise. Le pays est d’ailleurs très attaché à sa laïcité et la séparation entre l’Etat et les religions est bien définie.

  • Dans sa Constitution, l’article 20 prévoit la liberté de religion à tous. « Aucune organisation religieuse ne peut recevoir de privilèges quelconques de l’État, pas plus qu’elle ne peut exercer une autorité politique ».

« Le Japon est le seul pays qui ne donne pas la citoyenneté aux musulmans »

D’après le site « Turning Japanese » (devenir Japonais) :

  • Il est tout à fait possible pour un musulman d’obtenir sa citoyenneté japonaise, ainsi que la résidence permanente.

Lors d’une application à la citoyenneté, aucune question n’est posée au sujet de la religion. C’est d’ailleurs pour cela que le ministère de la Justice du Japon ne peut pas réellement publier de statistiques sur les religions concernant les demandes de naturalisation.

Le site du ministère de la Justice au Japon est explicite sur les conditions de naturalisation. Il en existe trois : par la naissance, par notification ou par naturalisation.

Le site précise également les documents nécessaires pour demander la naturalisation,

mais aucun ne fait mention de la religion.

Les conditions pour la naturalisation sont les suivantes :

  • habiter au Japon pendant cinq années consécutives.
  • avoir 20 ans ou plus et « avoir une conduite droite ».
  • Les seules personnes susceptibles d’être interdites sont les personnes appartenant « à une organisation complotant ou prônant le renversement du gouvernement japonais ».

« Dans les Universités au Japon, l’arabe et l’islam ne sont pas enseignés »

Nous pouvons par exemple retrouver un centre d’études sur l’islam à l’Université de Kyoto. Des cours d’arabe sont également bien enseignés à l’Université de Tokyo par exemple.

« Femmes voilées interdites au Japon »

Le port du voile islamique (hijab) est généralement accepté et toléré au Japon, un pays où les signes religieux ostensibles sont rares mais peu réglementés. Les femmes portant le hijab peuvent travailler, étudier et se déplacer sans subir de discrimination systémique, les Japonais étant plutôt tolérants et curieux.

Voici les points clés concernant le port du voile au Japon :

  • Vie quotidienne et travail : Il est possible de travailler avec un hijab, bien que pour certains postes en contact direct avec la clientèle, des restrictions soient parfois possibles. Le port du voile est perçu comme un choix personnel.
  • Accueil : De nombreuses femmes voilées témoignent ne pas se sentir observées ni jugées, décrivant le Japon comme un pays où l’on peut porter le voile sans pression sociale.
  • Adaptation : Certains styles de hijabs sont même coordonnés avec des vêtements traditionnels comme les kimonos, montrant une forme d’intégration culturelle.

« Cimetière musulman interdit »

Selon l’association des musulmans japonais et le centre islamique du Japon, seuls trois cimetières au Japon leur offrent cette possibilité : à KōshūKobe (réservé aux résidents de la ville) et Yoichi (sous-préfecture de ShiribeshiHokkaidō). Le cimetière situé à Kōshū, le plus accessible, se situe dans le temple Monju-in (文殊院) de l’école Sōtō : 4 800 m2 sont réservés aux musulmans, 120 tombes sont pour le moment occupées. Il devrait cependant être plein d’ici quelques années, et la pratique de non-crémation effrayant une partie de la population, une nouvelle parcelle semble difficile à construire.
D’autres parts les cimetières musulmans sont très rares et font actuellement l’objet d’une polémique au japon.

« Les musulmans doivent effectuer leurs rites religieux dans leurs appartements »

Contrairement à ce qu’estime le texte, il est tout à fait possible de trouver des mosquées au Japon. Le pays en compterait actuellement environ 80, d’après le site nippon.com.

« Au Japon, on ne trouve pas de nourriture halal »

Si elle ne court pas les rues, la nourriture halal existe bien au JaponD’après un site de voyages, il est également possible de trouver des produits certifiés halal dans des épiceries spécifiques et dans certains restaurants.

« La charia n’est pas autorisée au Japon »

Elle n’est en effet pas appliquée au Japon, mais pas plus qu’en Europe.

A travers les pays [surtout musulmans], la charia varie et s’adapte. Il existe par exemple des pays où la charia n’est pas comprise dans le système judiciaire, des pays où elle s’applique à des questions plus personnelles comme le mariage ou le divorce et des pays où la charia s’applique complètement. En Arabie saoudite, par exemple, la Constitution repose sur la charia alors qu’en Indonésie, la charia s’applique davantage sur les questions liées au droit de la famille.

Sauf pour la charia qui est exclusivement pratiquée dans les pays arabes, toutes les autres affirmations publiées dans ces visuels sont erronées et donc FAUSSES. Ceci dit, avec la montée des partis politiques « d’Extrême-Droite » en Europe, il n’est pas surprenant de retrouver de plus en plus ce genre de publication que vous pouvez retrouver ICI comme ci-dessous. 

factuel.afp.comjournalmetro.com20minutes.frhoax-net.be/immigrationarchive.wikiwix.commjp.univ-perp.frturning-japanese.info20minutes.fr(2)kias.asafas.kyotonippon.com/frjapan.travel/frReligion au Japon