Non, l’efficacité de l’extrait de racine de pissenlit pour guérir la leucémie, et plus généralement le cancer, n’a jamais été prouvée scientifiquement.

Pour guérir du cancer, quel qu’il soit, les réseaux sociaux  et des sites sur le web vous proposent des recettes qui seraient à base de fruits et légumes miraculeux. Même si ces publications sont fausses, ce qui n’est pas nouveau, elles ne sont jamais supprimées, et donc prolifèrent d’année en année.

Mais est-ce une surprise ?

NON, puisque les réseaux sociaux tel que Facebook et X n’ont plus de modération, modération déjà plus que défaillante lorsqu’elle était encore en fonction.

Une publication partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux et principalement sur Facebook vante les bienfaits « d’une plante qui détruit les cellules cancéreuses en seulement 48 heures ! Elle est 100 fois plus efficace que la chimiothérapie… ».

Elle est généralement accompagnée d’un groupe de 3 photos montrant la plante en question ci-dessous :

Comme souvent pour avoir plus de détails cette publication publie en premier commentaire un lien qui renvoie sur un site, dans ce cas « recette–facile.androideuro.com » sur lequel on peut lire ceci :

Tisane de pissenlit : un stimulant naturel pour la santé qui pourrait potentiellement aider à lutter contre le cancer.

Depuis des siècles, le pissenlit est prisé pour ses propriétés médicinales. Bien que cette plante modeste soit souvent négligée aujourd’hui, elle possède de puissantes propriétés curatives. Des recherches récentes suggèrent que la racine de pissenlit  pourrait être un outil prometteur dans la lutte contre le cancer sans endommager les cellules saines.

Une étude menée par le Département canadien de chimie et de biochimie a révélé que la racine de pissenlit est capable d’attaquer et de détruire les cellules cancéreuses en seulement 48 heures. Fait remarquable, elle le fait avec beaucoup moins d’effets secondaires que la chimiothérapie traditionnelle, qui endommage souvent à la fois les cellules cancéreuses et les cellules saines. Cette découverte a redonné espoir à de nombreuses personnes, notamment à celles qui ont lutté contre les traitements anticancéreux traditionnels.

Avec une recherche sur Google sur les mots clés :  « pissenlit » – « chimiothérapie » – « cancer » on peut retrouver des articles qui démentent cette affirmation, et notamment un article de l‘afp.factuel.com :

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L’efficacité chez l’homme de l’extrait de racine de pissenlit pour guérir la leucémie, et plus généralement le cancer, n’a à ce jour jamais été prouvée scientifiquement. Le texte ci-dessus relayé sur les réseaux sociaux depuis des années, affirme pourtant que le pissenlit serait « cent fois plus efficace que la chimiothérapie ».

Cependant aucune étude chez l’humain ne permet à l’heure actuelle d’arriver à une telle conclusion, ont expliqué plusieurs experts à l’AFP.

Ce texte a été relayé plusieurs centaines de fois sur Facebook, X et sur des blogs depuis au moins 2015.

  • Selon ces publications, l’extrait de racine de pissenlit contient également un ingrédient « potentiellement actif » contre une série d’autres cancers, comme « le mélanome – cancer de la peau -, le cancer du sein et de la prostate ».

Á l’heure actuelle, il n’existe aucune étude publiée dans une revue scientifique reconnue et réalisée sur des humains prouvant que l’extrait de racine de pissenlit peut guérir la leucémie ou tout autre type de cancer, ont expliqué à l’AFP un chercheur et trois médecins, parmi lesquels des hématologues, spécialistes des maladies du sang.

Selon eux, aucune étude scientifique chez l’homme n’a prouvé à ce jour que l’extrait de racine de pissenlit est « cent fois plus efficace que la chimiothérapie » pour guérir un quelconque type de cancer.

L’auteur du texte que nous vérifions s’appuie sur le cas de deux patients et sur une étude pour affirmer l’efficacité de l’extrait de racine de pissenlit. Or, les cas cités ne permettent pas de généraliser ces résultats. Quant à l’étude citée, elle a été réalisée in vitro – sur des cultures cellulaires – et ses conclusions ne peuvent donc pas être appliquées à l’humain sans des recherches approfondies.

Comme l’explique l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, sur son site internet,

« Parmi les étapes clés du développement d’un médicament, la phase préclinique permet d’évaluer une molécule sur des cellules en culture (in vitro) et chez l’animal (in vivo). La phase clinique permet ensuite de passer chez l’homme, pour tester la molécule chez des personnes saines puis évaluer sa sécurité et son intérêt chez des malades ».

Les résultats des recherches citées dans ce texte doivent donc être pris avec prudence, ont expliqué plusieurs experts à l’AFP.

« Les travaux cités sont très sérieux, mais ne permettent pas d’affirmer que telle ou telle substance a un effet antitumoral », a expliqué à l’AFP Bruno Raynard, chef du service de diététique et nutrition à l’Institut Gustave Roussy (Villejuif), interrogé le 13 janvier 2023.

Jusqu’à présent, « il n’y a eu aucune étude réalisée sur des humains » permettant d’affirmer que l’extrait de racine de pissenlit permet de guérir la leucémie, a-t-il ajouté.

Des études qui ne prouvent pas l’efficacité de l’extrait de racine de pissenlit chez l’homme

Il poursuit en prenant l’exemple d’une oncologue canadienne, Caroline Hamm, qui aurait constaté l’amélioration de l’état de deux de ses patients atteints d’une LMMC après la consommation de tisane aux racines de pissenlit. Les deux patients « ont refusé d’aller plus loin avec la chimiothérapie », affirme le texte.

  • Cependant cette étude, menée par Caroline Hamm et Siyaram Pandey (également mentionné dans le texte que nous vérifions) concluait que l’extrait de racine de pissenlit avait « un grand potentiel, en tant qu’alternative non-toxique et efficace aux modes de chimiothérapie conventionnels disponibles aujourd’hui ».

Si ces travaux mentionnent bien l’affaiblissement, voire la mort programmée, de certaines cellules après 48 heures, l’AFP n’y a pas retrouvé le chiffre de « 96% » mentionné par le texte. Par ailleurs, ils n’ont pas été réalisés sur des animaux ou des humains.

« Les résultats de cette étude sont probablement vrais, mais apportent très peu d’informations », a déclaré Raphaël Itzykson, professeur d’hématologie à l’hôpital Saint Louis, à Paris, interrogé par l’AFP le 13 janvier 2023. « Elle a été faite in vitro sur des modèles extrêmement artificiels. Or, une étude in vitro apporte un niveau de preuve extrêmement bas », contrairement à une étude in vivo.

Par ailleurs,

les concentrations d’extrait de pissenlit utilisées sont extrêmement élevées, a-t-il expliqué: « les publications affirment que boire des tisanes de pissenlit aurait un effet thérapeutique. Le problème, c’est que l’extrait cité dans l’étude de 2012 est extrêmement concentré en principes actifs : il n’y a aucune possibilité de comparer les concentrations de cet extrait avec une tisane, qui aurait plus un effet homéopathique ».

« Pour avoir la même concentration chez l’homme, il faudrait que le patient boive au minimum un seau de thé », a abondé le professeur Rik Schots, chef du service d’hématologie à l’hôpital universitaire (UZ) de Bruxelles: « les études réalisées in vitro, c’est-à-dire sur des lignées cellulaires, montrent que les cellules cancéreuses meurent. Mais les concentrations – d’extrait de racine de pissenlit – utilisées sont nettement plus fortes que ce que l’on pourrait atteindre chez une personne ».

Les auteurs des travaux cités en relativisent la portée

L’article sur les cas particuliers publié dans Blood mentionne aussi l’ouverture d’un essai clinique de phase 1 sur l’extrait de racine de pissenlit, terminé depuis et pour lequel l’AFP n’a trouvé aucune trace d’une phase 2.

Des essais sur des extraits de racines de pissenlit ont bien eu lieu mais sur des modèles artificiels, jamais sur un animal et sur l’homme, ce qui est affirmé est donc erroné et surtout FAUX.

Il n’y a donc pas de preuve scientifique de l’efficacité de l’extrait de racine de pissenlit pour guérir la leucémie chez l’homme

Si les essais s’avèrent efficaces, l’entreprise Windsor Botanical Therapeutics mettra en vente le produit sous forme de capsule (1).

Cependant l’argument d’un traitement « plus naturel » que la chimiothérapie ne tient pas, selon le nutritionniste Bruno Raynard:

(1)

« dans ces études, on prend des extraits de racine de pissenlit et on les transforme en gélules (ci-dessus) , donc ce sont des molécules, ça revient à prendre des médicaments. Ce n’est plus du tout de la médecine naturelle ».

factuel/afp.com (version intégrale) – lessurligneurs.eutvanouvelles.caprezi.com/p